La Dame de la rue

C’est étrange lorsque tu pense à tout ceux que tu rencontre tout le long d’un voyage, parfois ils ne font qu’un sourire, un geste, parfois ils te marque très profondément. Moi,je me souviens d’une journée ou la chaleur était torride, j’oubli le nom de la ville, une ville comme bien d’autre en Inde je suppose. Je marchais comme je le fais d’habitude en voyage sans trop savoir ou aller, plusieurs chauffeur de tuk tuk m’arrête pour me soutiré un peu d’argent, je refuse très poliment par respect pour eux. Je n’aime pas vraiment cette rue car elle ressemble à tant de rue que j’ai déjà vue, trop touristique à mon goût avec leur semblant de richesse, je prend la décision qu’au prochain coin je tournerais à gauche peu importe ce qu’il y aura. Mais à peine arrivé quelque chose attire mon oeil, premièrement la saleté de cette rue, je n’est jamais vue une rue aussi sale. Il y avait des excréments partout, c’était épouvantable, des papiers des plastiques, tout ce que vous pouvez vous imaginer en ce monde s’y trouvait, l’odeur y était insupportable et j'en es senti des choses en Inde croyez-moi ! mais celle-ci était hors du commun. Au milieu il y avait une entaille fait de main d’homme comme pour indiquer à l’eau de s’y écouler, mais l’eau elle, était visqueuse comme de la mélasse, une vrai poubelle à ciel ouvert. Malgré tout je m’y engage et fait très attention ou je dépose chaque pas que je fais, tout d’un coup je crois entendre quelque chose, une voix, je relève les yeux tout doucement, j’étais tellement concentré que je n’avais pas remarqué cette vieille dame, elle était assis là les jambes croisés le dos appuyé sur un mur de ciment qui lui était aussi sale que le sol ou j’y m’étais les pieds. Tout de suite j’ai remarqué la pauvreté de son corps.
 

Je me souviens tout particulièrement de sa peau, elle était noircie par tout ce temps passé au soleil et pendait littéralement sur ces os, on dirait que plus rien ne pouvait la retenir, je pensais que devant mes yeux elle partirait en poussière tellement que son corps me paraissait d’une fragilité extrême. Ces yeux n’avaient plus de couleur, seul une brume blanche s’y était déposée, elle était aveugle, sa tête un peu penché vers l’avant pouvait laissé croire qu’elle dormait, mais au moment que cette pensé jonglait dans ma tête, elle retira sa main toute frêle de ces vêtements pour la dérouler devant moi comme un parchemin d’un autre temps, malgré que ce geste n’avait pris que quelque seconde, il m’avait semblé prendre toute l’effort de sa vie.

 

Sa main entrouverte qui était là devant mes yeux, il y avait beau y avoir le bruit d’une circulation intense tout près, le geste était figé dans le temps, je ne pouvais regarder d’autre chose que cette main, elle me semblait demander tant et rien en même temps, elle était juste là. D’un geste maladroit je mis ma main dans ma poche pour y sortir quelque roupies, mais c’était tellement peu, j’avais honte de ce geste. Comme pour prendre un peu de sa souffrance, je mis ma mains sous sa main pour la supporter, de l’autre main je couvris la sienne et a mon grand étonnement elle sortie son autre main pour appuyer sur la mienne, en ce geste nous partagions toute notre humanité. Les roupies n’avaient plus d’importance, l’odeur avait disparue, la vue de cette rue n’existait même plus, c’était comme si elle disait;”Laisse ton argent ou il est et partageons ce moment”.

 

Par la suite comme une fleur qui ce ferme sur elle même à la fin d’une longue journée, ces deux mains très lentement retournèrent près de son corps , sa tête qui c’était à peine levé, reprit sa position vers le bas et j’ai compris que je devais la laisser seul. J’ai recommencé à prendre contact avec ma réalité, l’odeur, le bruit, la chaleur, et je me mis à marcher tout doucement. Pour être certain que personne ne lui vole son argent, je me suis caché en arrière d’un petit muret, j’ai observé les alentours pendant plusieurs minute, sans voir aucune personne s’approcher d’elle, mais elle n’avait pas bougé d’un centimètre, pas très rassurer je suis repartie vers mon hôtel.

Le lendemain j’y suis retourné, mais elle n’était plus là, seul un bout de carton sur lequel elle s’était assise était là, seul preuve de sa présence en ce monde, je pouvais presque y voir la forme de son corps fragile.

Ce qu’il y avait de si déroutant pour moi dans toute cette rencontre, c’est que je pensais lui donner tant, mais c’est elle qui aura laissé son emprunte en moi, par un seul geste fait de toute simplicité.